Voteraient-ils OUI ou NON?

Nous voilà au solstice d’été et je n’ai toujours pas eu la chance d’écrire ce dernier billet sur l’étude PJCPQ. Ceux qui s’intéressent à l’étude depuis le début excuseront mon retard. J’ai été débordé ces derniers mois, mais je tenais à écrire ce dernier billet rendant compte des résultats de l’étude.

Je tiens encore une fois à remercier tous les participants. L’intérêt généré par mon étude m’a étonné moi-même et rien de cela n’aurait été possible sans votre contribution et votre intérêt. Merci à tous ceux qui ont pris le temps de répondre aux questions! Pour ceux que cela pourrait intéresser, je présenterai les résultats plus «scientifiques» de l’étude lors d’une conférence organisée par le Centre pour l’étude de la Citoyenneté démocratique qui aura lieu du 22 au 24 septembre prochain à Montréal. Vous pourrez facilement être mis au courant des dates précises de la présentation en me suivant sur Twitter. J’en informerai mes abonnés lorsque j’aurai moi-même plus de détails.

Ce dernier billet s’intéresse aux perceptions des répondants quant à l’éventuel vote référendaire des journalistes et chroniqueurs. Autrement dit, nous nous intéressons ici à savoir comment les journalistes voteraient lors d’un éventuel référendum sur la souveraineté selon les répondants. Les réponses de tous les répondants sont représentées dans la figure suivante. Comme dans les récents billets, les journalistes et chroniqueurs sont présentés en ordre de «je ne sais pas». Encore une fois, les précautions relative à l’échantillon doivent être prises en considération. Allez lire ceci avant de dire n’importe quoi 😉

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On y note que Alec Castonguay et Sébastien Bovet semblent clairement être les plus nébuleux pour nos répondants à cet égard. Dans les deux cas, près de la moitié des répondants affirment ne pas savoir s’ils voteraient OUI ou NON; et pour ceux qui tentent une réponse, une proportion similaire pense qu’ils voteraient OUI ou NON.

Les avis semblent plus clairs pour les autres journalistes ou chroniqueurs. Une claire majorité pense que Yves Boisvert, Gilbert Lavoie, Chantal Hébert et le regretté Jean Lapierre voteraient NON. À l’inverse, une claire majorité pense que Antoine Robitaille, Michel David, Patrick Lagacé, Anne-Marie Dussault et Josée Legault voteraient OUI.

On remarquera finalement que les avis sont partagés à l’égard de Vincent Marissal et de Richard Martineau. Parmi ceux qui tentent une réponse, environ la moitié pensent qu’ils voteraient OUI et l’autre moitié qu’ils voteraient NON.

Les électeurs du NON

Les résultats deviennent encore une fois très intéressants lorsqu’on tient compte de l’intention de vote référendaire des répondants eux-mêmes. Commençons par ceux qui voteraient NON.

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Chez les électeurs du NON’, Alec Castonguay et Sébastien Bovet sont encore les plus mystérieux. Globalement, les électeurs du NON montrent un patron de réponse similaire à tous les répondants en général, mais ils semblent penser que les journalistes et chroniqueurs sont plus souverainistes que l’ensemble des répondants. On observe cela en remarquant qu’ils ont un peu moins tendance à dire que Yves Boisvert, Gilbert Lavoie, Vincent Marissal, Patrick Lagacé, Michel David et Anne-Marie Dussault voteraient NON. Les perceptions à l’égard de Chantal Hébert et Richard Martineau sont peu affectées par l’intention de vote référendaire des répondants.

Les électeurs du OUI

Regardons maintenant ce qu’il en est pour les électeurs du OUI.

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Encore une fois, Alec Castonguay et Sébastien Bovet sont les plus nébuleux pour nos répondants. Il est cependant intéressant de remarquer qu’ils ont beaucoup plus tendance à croire que Yves Boisvert, Gilbert Lavoie et Vincent Marissal voteraient NON. Il est intéressant de noter qu’ils sont très divisés à l’égard d’Anne-Marie Dussault et de Richard Martineau.

Conclusions

Les billets précédents ont démontré que les perceptions étaient largement influencées par les intentions de vote des répondants eux-mêmes et le billet d’aujourd’hui ne fait pas exception. En comparant les figures entre elles, on remarque qu’il y a plus de bleu chez les répondants fédéralistes et plus de rouge chez les répondants souverainistes. La conclusion générale semble clairement être que les répondants ont davantage tendance à penser que les journalistes et chroniqueurs sont défavorables à leurs opinions.

Salutations M. Lapierre

Finalement, je ne peux terminer ce dernier billet de l’étude sans en profiter pour saluer Jean Lapierre. Comme beaucoup de Québécois, j’ai été attristé par son décès prématuré. Je n’ai pas eu la chance de le connaître personnellement, mais j’ai tout de même eu l’occasion de communiquer avec lui à quelques reprises à propos de l’étude. Monsieur Lapierre m’a aidé à propager l’étude, ce même s’il savait que son profil politique faisait en sorte que les résultats pourraient sembler ne pas être à son avantage. Certains ont trop facilement tendance à interpréter les choses en dehors de leur contexte. Lors de chacune de mes communications avec lui, j’ai tenu à lui rappeler qu’il avait son histoire politique bien personnelle et qu’il fallait donc s’attendre à ce que les répondants en tiennent compte. Ses réponses me laissaient entrevoir qu’il comprenait très bien et que ce qu’il cherchait à satisfaire n’était pas tant son ego que sa curiosité, et me réitérait qu’il trouvait mon étude intéressante, peu importe ses résultats.

En cette époque marquée par les «lignes médias» où les désaccords honnêtes et les nuances peuvent trop facilement être embrouillés par des empoignades aussi stupides que spectaculaires, il convient de s’arrêter à l’occasion et de remarquer le travail remarquable de ceux que nous avons la chance de croiser. Jean Lapierre aimait la politique parce qu’il aimait profondément les gens. Que l’on soit ou non d’accord avec lui, il était un homme profondément honnête qui cherchait à rendre la complexité des choses plus accessible et il réussissait bien souvent. J’ose espérer que les résultats de mon étude permettront à tous de saisir la complexité de la tâche de ceux qui tentent de faire la même chose.


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Pour qui votent-ils au fédéral?

Voilà un certain temps que je n’ai pu écrire de billet. Vous m’excuserez de cette absence, mais la rumeur veut que j’aie une thèse de doctorat à terminer et elle a occupé beaucoup de mon temps ces derniers jours.

Les excuses étant faites, nous voilà maintenant aux perceptions quant aux intentions de vote fédérales des journalistes et chroniqueurs. Je procèderai de la même manière que lors du dernier billet qui traitait de leurs intentions de vote provinciales. Je vous rappelle encore une fois que, puisque l’échantillon n’est pas représentatif de l’ensemble de la population, il faut interpréter les résultats en conséquence en se concentrant sur la comparaison entre les différents groupes de répondants. À cet égard, vous pouvez lire la petite notice méthodologique ici (section «Méthodologie et données»).

Si vous ne les avez pas déjà lus, vous pouvez lire le premier billet traitant du niveau d’accord avec les journalistes ou chroniqueurs chez les répondants, le second billet traitant de la perception de biais à leur égard et le troisième billet traitant de leurs intentions de vote provinciales.

La perception du vote fédéral

La figure ci-bas rend compte des résultats pour chaque journaliste ou chroniqueur chez tous les répondants. Comme lors du dernier billet, ils sont ordonnancés suivant la proportion de répondants qui affirment ne pas savoir pour qui ils votent. Cette proportion est exprimée en pourcentage et se lit de gauche à droite en gris. Les pourcentages de répondants croyant qu’un journaliste ou chroniqueur vote pour un certain parti se lisent de droite à gauche et sont colorés suivant les couleurs traditionnelles des partis politiques fédéraux.

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Encore une fois, Alec Castonguay et Sébastien Bovet sont les deux pour qui les répondants ont le plus tendance à dire ne pas savoir, avec près de 50% des répondants dans cette situation. À l’inverse, Jean Lapierre est celui pour qui les répondants ont le moins tendance à dire ne pas savoir. Une très large majorité de répondants croit que Jean Lapierre vote pour le parti libéral, ce qui est tout à fait cohérent avec son histoire politique personnelle. Parmi ceux qui tentent une réponse, ils sont plus nombreux à croire que Chantal Hébert, Gilbert Lavoie, Yves Boisvert et Vincent Marissal votent aussi pour les libéraux. À l’inverse, une proportion plus grande de répondants tentant une réponse croit que Antoine Robitaille, Michel David et Josée Legault votent pour le Bloc québécois. Notons aussi que Richard Martineau est le seul envers qui les répondants ont tendance à croire qu’il vote pour le parti conservateur. Finalement, les répondants sont beaucoup plus divisés à l’égard des autres journalistes ou chroniqueurs.

La perception du vote fédéral chez les électeurs du PLC

La figure suivante rend compte des perceptions quant au vote fédéral pour les électeurs du PLC. Chez ceux qui tentent une réponse, ils sont plus nombreux à penser que Gilbert Lavoie, Chantal Hébert, Yves Boisvert, Vincent Marissal et Jean Lapierre votent comme eux. À l’inverse, ils ont nettement tendance à croire qu’Antoine Robitaille et Michel David votent pour le Bloc alors qu’ils sont presque unanimes pour dire que c’est aussi le cas de Josée Legault.

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De manière générale, les résultats chez les électeurs libéraux sont très similaires à ceux observés chez l’ensemble des électeurs. Il y a ici et là quelques petites différences mineures, mais elles sont tellement petites qu’il semble que les électeurs libéraux n’ont pas une perception particulière qui diffère de celle de l’ensemble des répondants.

La perception du vote fédéral chez les électeurs du PCC

La figure suivante rend compte des résultats pour les électeurs du parti conservateur. Il saute immédiatement aux yeux que ceux-ci ont des perceptions très différentes. Notons tout d’abord qu’ils ont beaucoup moins tendance à affirmer ne pas savoir pour quel parti vote un journaliste ou chroniqueur. Cela indique qu’ils ont très nettement la perception de savoir pour qui ils votent et qu’ils ont donc tendance à être moins incertains quant à leur perception. À l’exception de Richard Martineau, envers qui ils sont plus nombreux à croire qu’il vote comme eux, les répondants conservateurs ont nettement tendance à penser que les journalistes et chroniqueurs votent pour des partis différents du leur.

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Très clairement, les répondants conservateurs ont plus tendance à croire que Chantal Hébert, Gilbert Lavoie, Yves Boisvert Vincent Marissal et Jean Lapierre votent pour les libéraux. Ils ont aussi encore plus tendance à croire qu’Antoine Robitaille, Michel David, Josée Legault et Anne-Marie Dussault votent pour le Bloc. Globalement, nous remarquons aussi que les répondants conservateurs ont un peu plus tendance à croire que certains votent pour le NPD, c’est notamment le cas de Patrick Lagacé par exemple.

La perception du vote fédéral chez les électeurs du Bloc québécois

La figure suivante rend cette fois compte des résultats pour les répondants votant pour le Bloc québécois. On remarque d’abord que les répondants bloquistes ont aussi tendance à penser qu’Antoine Robitaille et Josée Legault votent pour le bloc. Ils ont cependant tendance à croire plus fortement que Chantal Hébert, Yves Boisvert, Gilbert Lavoie et Vincent Marissal votent pour les libéraux. Remarquons aussi que, contrairement aux répondants votant pour des partis fédéralistes, ils ont nettement plus tendance à croire qu’Anne-Marie Dussault vote pour les libéraux. À cet égard, la différence est encore plus marquée si on les compare aux répondants conservateurs qui semblent largement convaincus qu’elle vote pour le Bloc ou le NPD.

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La perception du vote fédéral chez les électeurs du NPD

Finalement, la figure suivante rend compte des réponses des répondants votants pour le NPD. La première chose qui saute aux yeux est que, tout comme les électeurs de Québec solidaire (dans le dernier billet), les électeurs du NPD ont nettement plus tendance à affirmer ne pas savoir pour qui vote un journaliste ou chroniqueur, mais l’effet est un peu moins fort que pour les électeurs solidaires.

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Les répondants du NPD ont aussi un peu plus tendance à penser qu’Antoine Robitaille, Michel David et Josée Legault votent pour le Bloc. Ils semblent également avoir plus tendance à penser que Chantal Hébert, Vincent Marissal et Yves Boisvert votent pour les libéraux. Par ailleurs, ils ont un peu plus tendance à penser que Patrick Lagacé vote comme eux. Cependant, contrairement aux électeurs des autres partis, ils demeurent beaucoup plus divisés dans leurs perceptions. À l’exception de Richard Martineau et de Jean Lapierre, pour qui ils croient respectivement qu’ils votent pour le parti conservateur et les libéraux, le portrait général est beaucoup moins clair.

Conclusion

Finalement, nous voyons encore une fois que l’affiliation partisane des répondants affecte leurs perceptions quant au vote des journalistes et chroniqueurs. À l’exception de ceux qui sont généralement considérés comme étant plus «officiellement» affichés, les répondants ont généralement tendance à penser que les journalistes ou chroniqueurs ne votent pas comme eux, ce à quelques exceptions près. On remarque aussi que les répondants conservateurs ont nettement plus tendance à penser savoir pour qui vote chacun des journalistes ou chroniqueurs et qu’ils ont aussi nettement plus tendance à avoir l’impression que ceux-ci votent pour le Bloc québécois. Un peu comme les répondants solidaires, les répondants du NPD sont quant à eux beaucoup plus incertains et ont plus tendance à affirmer ne pas savoir.

Le prochain billet portera sur les perceptions à l’égard des intentions de vote référendaires des journalistes et chroniqueurs. Je vous invite à souscrire au blogue si vous ne l’avez pas déjà fait afin de recevoir une notification par courriel lors de la publication des billets. Vous n’avez qu’à entrer votre adresse courriel dans la boîte en haut à droite.

Finalement, si vous avez des questions ou des idées de billet pour des sujets que vous aimeriez que j’explore, n’hésitez surtout pas à les soumettre plus bas dans les commentaires!

Pour qui votent-ils au provincial?

Nous voilà maintenant à ce qui est fort probablement l’un des éléments les plus intéressants de l’étude. J’ai demandé aux répondants de dire pour qui ils croient que les journalistes ou chroniqueurs votent lors des élections provinciales et fédérales. J’ai aussi demandé aux gens de dire s’ils croient qu’ils voteraient OUI ou NON lors d’un hypothétique référendum sur la souveraineté du Québec. Le billet d’aujourd’hui se concentrera sur la perception des répondants quant au vote provincial des journalistes et chroniqueurs. Pour plus de détails sur les données, voir la section «Méthodologie et données».

Encore une fois, comme l’échantillon n’est pas représentatif, les précautions dont j’ai parlé dans le premier billet (et que j’ai précisées dans le second) doivent s’appliquer, ce même s’il y a plus de 1550 répondants. L’élément d’intérêt est de comparer les réponses des répondants en fonction de différents facteurs et je le ferai ici encore une fois en comparant les réponses en fonction de l’intention de vote des répondants. 

Par ailleurs, au-delà des partis politiques eux-mêmes, il est aussi intéressant de se pencher sur la proportion de répondants qui admettent ne pas savoir pour qui un journaliste ou chroniqueur vote. De manière générale, la proportion de gens qui affirment ne pas le savoir peut aussi nous renseigner sur le niveau de certitude de plusieurs types d’électeurs quant aux intentions de vote des journalistes et chroniqueurs. Dans les figures qui suivent, j’ai donc également intégré le pourcentage de répondants qui affirment ne pas savoir pour quel parti vote un journaliste ou chroniqueur et ceux-ci sont placés en «ordre de certitude» pour chacun des groupes d’électeurs. Cette proportion est en gris et se lit de gauche à droite. Les réponses des répondants qui pensent savoir pour quel parti votent les journalistes et chroniqueurs se lisent de droite à gauche et sont classifiées par les couleurs identifiant les partis politiques provinciaux.

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La figure ci-dessus rend compte des résultats pour tous les répondants sans égard à leur propre intention de vote. Nous voyons donc qu’Alec Castonguay et Sébastien Bovet sont les deux journalistes pour qui le plus de répondants affirment ne pas savoir pour qui ils votent. À l’inverse, Jean Lapierre est celui envers qui les répondants ont le moins de doutes. Clairement, une très large proportion de répondants pensent que Jean Lapierre vote pour les libéraux. Évidemment, M. Lapierre a son histoire politique personnelle, ce qui explique largement les résultats à son égard. Cela ne veut absolument pas dire que M. Lapierre soit biaisé, mais simplement que les répondants connaissent son histoire, beaucoup l’apprécient, et en tiennent simplement compte lorsqu’ils écoutent ses analyses.

La perception du vote provincial chez les électeurs libéraux

La figure suivante rend compte des résultats chez les électeurs libéraux. Alec Castonguay et Sébastien Bovet sont encore une fois ceux pour qui les répondants sont les plus incertains, mais pour ceux qui pensent savoir pour qui ils votent, une proportion plus grande de répondants croit qu’ils votent pour d’autres partis que le PLQ.

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Jean Lapierre est encore une fois celui envers qui les libéraux ont le moins d’incertitude et la quasi-totalité des libéraux pense qu’il vote pour leur parti. Parmi les libéraux qui tentent une réponse, Chantal Hébert, Yves Boisvert et Gilbert Lavoie sont ceux pour qui les répondants libéraux ont le plus tendance à croire qu’ils votent comme eux. Notons finalement que mis à part Vincent Marissal pour qui ils semblent un peu plus partagés, les répondants libéraux ont nettement tendance à penser que tous les autres chroniqueurs votent pour le PQ, ou la CAQ dans le cas de Richard Martineau.

La perception du vote provincial chez les électeurs du PQ

La figure suivante rend compte des perceptions pour les électeurs du PQ. La différence avec les réponses des électeurs libéraux est ici frappante. Alors que beaucoup d’électeurs libéraux pensent que les journalistes et chroniqueurs votent pour le PQ, les électeurs péquistes pensent à l’inverse qu’une vaste majorité vote pour le PLQ.

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Antoine Robitaille et Josée Legault se démarquent en ce qu’une large proportion d’électeurs péquistes croient qu’ils votent comme eux. Notons aussi que pour les péquistes qui tentent une réponse, une très nette proportion de répondants croit que Chantal Hébert, Yves Boisvert, Gilbert Lavoie et Vincent Marissal votent tous pour le PLQ. Les répondants péquistes sont plus divisés à l’égard d’Anne-Marie Dussault, même si une plus large proportion d’entre eux pensent aussi qu’elle vote pour le PLQ. Finalement, une très large proportion des électeurs du PQ croit que Richard Martineau vote pour la CAQ et ils sont très divisés à l’égard de Patrick Lagacé.

La perception du vote provincial chez les électeurs de la CAQ

La figure suivante rend compte cette fois des résultats pour les électeurs de la CAQ. Un peu comme les libéraux, et contrairement aux péquistes, les caquistes ont nettement tendance à croire que la plupart des chroniqueurs ou journalistes votent pour le PQ. En les comparant aux libéraux, on se rend compte que les caquistes ont cependant aussi un peu plus tendance à penser que certains chroniqueurs votent comme eux.

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Tout comme les libéraux, les caquistes pensent que Chantal Hébert, Gilbert Lavoie et Yves Boisvert votent pour le PLQ. Une très nette majorité pense aussi que Richard Martineau vote pour la CAQ. Ainsi, les perceptions des caquistes sont sensiblement similaires à celles des libéraux, avec cette petite différence qu’ils ont un peu plus tendance à croire que certains journalistes et chroniqueurs votent comme eux.

La perception du vote provincial chez les électeurs QS

Finalement, la figure suivante rend compte des résultats pour les électeurs de Québec solidaire. En les comparant aux réponses des électeurs des autres partis, il est frappant de constater que les électeurs de QS ont beaucoup plus tendance à affirmer ne pas savoir pour qui les journalistes ou chroniqueurs votent.

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Un peu comme les caquistes, les électeurs solidaires ont un peu plus tendance à penser que certains journalistes ou chroniqueurs votent comme eux. Notamment, Patrick Lagacé est celui envers qui les électeurs de QS ont le plus tendance à croire qu’il vote solidaire. Ceci étant, près de la moitié de ceux qui tentent une réponse croit aussi qu’il vote pour un autre parti que le leur. Encore une fois, les électeurs de QS ont aussi nettement tendance à croire que Richard Martineau vote pour la CAQ. Notons finalement que, contrairement aux électeurs des autres partis, les électeurs de QS ont moins tendance à croire qu’une large majorité de journaliste ou chroniqueurs votent soit systématiquement pour le PQ ou le PLQ.

Conclusion

Le premier élément qui ressort très clairement des données est d’abord que les électeurs de la CAQ, du PLQ et du PQ ont très nettement tendance à penser que la majorité des journalistes ou chroniqueurs sont hostiles à leur parti. Les caquistes et les libéraux pensent que la majorité vote pour le PQ, alors que les péquistes pensent que la majorité vote pour les libéraux. Les électeurs de QS ont quant à eux des perceptions beaucoup plus variées suivant les différents journalistes ou chroniqueurs. Ils sont aussi ceux qui ont le plus tendance à affirmer ne pas savoir pour qui ils votent.

Québec solidaire et la CAQ sont les deux plus «petits» partis, et l’on voit que ces électeurs ont également un peu plus tendance à croire que certains journalistes et chroniqueurs votent comme eux, même si dans les deux cas ils croient que presque tous ne votent pas comme eux. Comme beaucoup d’autres, les caquistes ont tendance à croire que Richard Martineau vote pour la CAQ, mais les électeurs solidaires n’ont personne en qui ils croient majoritairement qu’il ou elle vote comme eux. Ils ont un peu plus tendance à croire que Patrick Lagacé vote pour QS, mais ils ne sont pas une majorité à le croire. Même Josée Legault, qui est ouvertement la plus à gauche de tous les journalistes et chroniqueurs de l’étude, n’est pas perçue par les solidaires comme votant clairement pour leur parti.

Dans tous les cas, Alec Castonguay et Sébastien Bovet sont systématiquement ceux envers qui les répondants ont le plus tendance à affirmer ne pas savoir pour qui ils votent. Dans presque tous les cas, Chantal Hébert les suit de près. À l’inverse, Jean Lapierre et Richard Martineau sont ceux envers qui les répondants ont le plus tendance à affirmer penser savoir pour qui ils votent. Dans le cas de Jean Lapierre, la quasi-totalité des répondants pense qu’il vote pour le PLQ alors qu’ils sont un peu plus divisés dans le cas de Richard Martineau. Dans son cas, une nette majorité de répondants pensent qu’il vote pour la CAQ, mais d’autres pensent aussi qu’il vote pour le PQ ou les libéraux.

Finalement, j’espère que ces résultats permettront de nuancer l’interprétation que certains ont faite des résultats jusqu’à présent. La publication du premier billet a produit une variété de propos qui se fondaient sur l’étude pour affirmer que les médias sont biaisés. Or, ce que les résultats de ce billet montrent, c’est aussi que ceux qui ont une préférence politique clairement définie ont une certaine tendance à percevoir l’univers médiatique comme étant légèrement en défaveur de leur propre option. La question de savoir si cette perception est fondée ou non est une tout autre question.

Je vous invite à souscrire au blogue pour recevoir des notifications par courriel lors de la publication des prochains billets. Le prochain prendra une forme similaire à celui d’aujourd’hui, mais s’intéressera cette fois au vote fédéral des journalistes et chroniqueurs. N’oubliez pas de partager le billet sur Facebook et Twitter!

La perception de biais chez les journalistes et chroniqueurs

Le billet d’aujourd’hui prendra une forme similaire au dernier, mais au lieu de s’intéresser au niveau d’accord avec les analyses des journalistes et chroniqueurs, il s’intéressera cette fois à la perception de biais dans leurs analyses. Le premier billet a fait abondamment réagir et avant de passer au second, je voudrais tout d’abord faire un petit rappel afin d’éviter que les résultats ne soient interprétés comme ils l’ont été par certains jusqu’à présent. Avec ce que j’ai lu et entendu à propos de mon étude, la prochaine section est nécessaire.

Note préventive ennuyante, mais nécessaire

J’ai déjà écrit que l’échantillon n’était pas représentatif de la population québécoise en général et que le centre d’intérêt n’était pas la population québécoise en entier, mais les «mordus de politique». J’ai aussi dit que les conservateurs sont nettement surreprésentés dans l’échantillon. Cela signifie que les données ne sont fort probablement pas représentatives de la population plus spécifique des mordus de politique non plus. Par ailleurs, même si les intentions de vote provinciales dans l’échantillon se rapprochent de celles que nous observons dans les sondages actuels, le fait que les intentions de vote fédérales surestiment largement les conservateurs laisse aussi présager que les électeurs du PLQ dans l’échantillon sont fort probablement plus à droite que l’éventail réel de leurs électeurs. Autrement dit, il est très probable que l’échantillon rende compte de la version la plus à droite des électeurs du PLQ et sous-estime une importante proportion de libéraux plus centristes. Quand j’ai écrit que les résultats devaient être interprétés en conséquence, ce n’était pas simplement pour faire joli et sérieux. Je l’ai écrit parce que c’est important pour ne pas faire dire n’importe quoi aux données.

Certains diront que l’échantillon a tout de même plus de 1500 répondants et que cela doit bien vouloir dire quelque chose. C’est vrai, ces données nous permettent d’explorer beaucoup de choses intéressantes, mais pas nécessairement ce que certains semblent croire. Lorsque j’enseigne les fondements de l’échantillonnage statistique, j’aime bien raconter l’anecdote de l’élection américaine de 1936. C’est à cette élection que le tout premier sondage représentatif a été mené par Georges Gallup. Avec un échantillon représentatif de 5000 répondants, Gallup prédisait la victoire du démocrate Franklin D. Roosevelt. Il a bien fait rire de lui au départ parce qu’un autre sondage avec plus de 2 millions de répondants mené par la revue Literary Digest prévoyait la victoire écrasante du républicain Alf Landon. Vous avez bien lu : 2 millions de répondants. Or, le sondage du Literary Digest n’était pas représentatif de la population américaine, mais plutôt de son propre lectorat. Par ailleurs, le Digest n’a pas corrigé ses données pour tenir compte de ce biais. Résultat : Roosevelt a été élu Président, le Digest est disparu quelques mois plus tard et aujourd’hui à peu près personne sauf les spécialistes des sondages ne sait qui est Alf Landon. Donc, lorsque je dis qu’il faut être prudent, ce n’est pas simplement pour faire joli.

L’intérêt principal de ces données n’est pas d’offrir une représentation adéquate de ce que pensent les mordus de politique dans leur ensemble, mais de permettre des comparaisons entre ce que pensent différents groupes de mordus de politique. J’insiste ici sur le mot comparaison. Le centre d’intérêt doit être les différences dans les perceptions des répondants en fonction de différents facteurs, dont notamment l’affiliation partisane. Comparer différents groupes pour voir ce qu’ils pensent permet de nous éclairer sur l’impact d’appartenir à ces groupes sur les perceptions à l’égard des journalistes et chroniqueurs. Autrement dit, une figure en elle-même ne veut pas dire grand-chose. C’est en comparant une figure avec une autre qu’on commence à voir émerger des choses intéressantes.

La perception de biais dans l’échantillon

Ces précisions étant faites, passons maintenant aux résultats de l’échantillon. Encore une fois, je vous invite à comparer les résultats de figure en figure plutôt que de vous concentrer sur une seule figure à la fois. J’ai demandé aux participants s’ils pensaient que les analyses de chacun des journalistes et chroniqueurs étaient toujours biaisées, biaisées la plupart du temps, neutres la plupart du temps ou toujours neutres. L’intérêt était aussi de voir si les répondants offriraient des réponses différentes de celles analysées dans le dernier billet où je leur demandais s’ils étaient en accord ou non avec les journalistes et chroniqueurs. Je peux par exemple me dire souvent en désaccord avec un chroniqueur sans pour autant remettre en question sa neutralité. Inversement, mon niveau d’accord avec un journaliste ou chroniqueur pourra aussi dicter mes perceptions quant à sa neutralité.

Je procèderai ici de la même manière que dans le premier billet avec des figures similaires. Le pourcentage de ceux qui affirment que les journalistes et chroniqueurs sont neutres sont en bleu et se lit de gauche à droite alors que ceux qui croient qu’ils sont biaisés sont en rouge et se lit de droite à gauche. Les journalistes et chroniqueurs sont placés en ordre de ceux perçus comme étant les plus neutres aux moins neutres.

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La figure ci-haut montre les résultats pour l’ensemble de l’échantillon. Vu les défauts de l’échantillon, je vous rappelle de ne pas lire cette figure seule, mais plutôt à l’utiliser comme point de référence en la comparant aux autres figures. Encore une fois, Chantal Hébert, Alec Castonguay et Sébastien Bovet sont les trois jugés les plus neutres.

La perception de biais en fonction du vote provincial

La figure ci-bas présente la perception de la neutralité pour les électeurs de la CAQ. Mis à part un positionnement légèrement plus haut pour Jean Lapierre et un jugement plus critique à l’égard d’Anne-Marie Dussault, les électeurs caquistes ne diffèrent pas de manière très forte par rapport à l’ensemble de l’échantillon.

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Les électeurs libéraux diffèrent légèrement. Ils sont plus favorables à l’égard de Gilbert Lavoie, Jean Lapierre et Richard Martineau et sont plus critiques envers Antoine Robitaille et Anne-Marie Dussault.

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Les électeurs du PQ offrent quant à eux des réponses très différentes. Ils ont tendance à être un peu plus critiques à l’égard de Chantal Hébert, mais ils sont surtout beaucoup plus critiques à l’égard de Gilbert Lavoie, Richard Martineau et Jean Lapierre.

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Finalement, les électeurs de Québec solidaire offrent globalement des réponses similaires à celles du dernier billet. Jean Lapierre et Richard Martineau se démarquent en étant pour eux les moins neutres.

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La perception de biais en fonction de vote fédéral

Au niveau fédéral, les réponses des électeurs bloquistes sont globalement similaires à celles des péquistes, je ne montrerai donc par la figure pour alléger le texte. Les électeurs du NPD ont des réponses globalement similaires à celles des électeurs de QS, mais ici trois groupes de journalistes et chroniqueurs semblent émerger plus clairement. D’abord, les «trois étoiles» habituelles Alec Castonguay, Sébastien Bovet et Chantal Hébert apparaissent les plus neutres alors que Jean Lapierre et Richard Martineau leur apparaissent les moins neutres. Tous les autres sont à peu près au milieu.

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Pris isolément, les électeurs du PLC semblent très similaires à ceux de l’ensemble de l’échantillon et ressemblent aussi à ceux du NPD. Chantal Hébert, Alec Castonguay et Sébastien Bovet trônent encore au sommet et ils sont plus critiques à l’égard de Richard Martineau et de Josée Legault.

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Finalement, les électeurs dont les appréciations se démarquent le plus sont clairement ceux du parti Conservateur. D’une part, ce sont ceux qui ont plus tendance à affirmer que les journalistes ou chroniqueurs sont biaisés et ils l’affirment également avec plus d’intensité en affirmant plus régulièrement que ceux-ci le sont «toujours». Pour les électeurs conservateurs, Chantal Hébert et Alec Castonguay figurent encore dans le «top 3», mais ici Jean Lapierre est jugé beaucoup plus neutre que pour tous les autres. Richard Martineau est également jugé beaucoup plus neutre par les conservateurs que pour tous les autres répondants. Finalement, ces répondants semblent avoir une dent contre Josée Legault et Anne-Marie Dussault. J’y reviendrai plus loin en conclusion.

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La perception de biais en fonction du vote référendaire

Finalement, les électeurs souverainistes et fédéralistes diffèrent encore quant à leur appréciation. D’abord, Antoine Robitaille est jugé le plus neutre par les électeurs souverainistes, suivi d’Alec Castonguay, Sébastien Bovet et Chantal Hébert. Les souverainistes sont plus critiques à l’égard de Gilbert Lavoie, Jean Lapierre et Richard Martineau.

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Les électeurs fédéralistes affichent quant à eux une appréciation plus positive de Chantal Hébert, Alec Castonguay et Sébastien Bovet, leur appréciation étant progressivement plus négative jusqu’à Josée Legault. Ces électeurs ont une appréciation plus positive à l’égard de Jean Lapierre, mais aussi de Richard Martineau.

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Conclusion

Il convient tout d’abord de rappeler que les résultats actuels sont liés aux perceptions des répondants et que celles-ci peuvent être erronées. Autrement dit, ce n’est pas parce que certaines personnes croient qu’un journaliste ou chroniqueur est biaisé d’une manière ou d’une autre que c’est effectivement le cas dans la réalité. En fait, une chose semble déjà relativement claire dans les données, l’affiliation partisane des répondants a très clairement un impact sur leur appréciation des différents journalistes et chroniqueurs et dans certains cas les différences d’appréciation sont très grandes.

Un autre élément qui émerge relativement clairement des données est la présence de répondants de tendance plus conservatrice qui semblent exprimer plus de mécontentement à l’égard d’une variété de journalistes et chroniqueurs. Le simple fait que ces individus soient surreprésentés dans les données laisse aussi croire que le sujet de l’étude les intéresse particulièrement et que ces répondants ont des opinions très tranchées sur l’univers médiatique québécois. Notons aussi que ces répondants ont des opinions plus intenses sur les journalistes ou chroniqueurs. Lorsqu’ils n’aiment pas quelqu’un, ils ont nettement tendance à l’exprimer de manière plus virulente. Des analyses supplémentaires vont nous permettre d’en apprendre davantage dans les prochaines semaines.

Finalement, si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous invite à souscrire au blogue. Vous recevrez alors une notification par courriel lorsqu’un nouveau billet sera publié. Le prochain billet portera sur la perception du vote provincial de chacun des journalistes ou chroniqueurs.

Petit bonus pour les amateurs de chiffres

Un petit bonus pour les amateurs de chiffres. Voici les corrélations bivariées entre le niveau d’accord avec chacun des journalistes ou chroniqueurs (ce que nous avons regardé dans le dernier billet) et la perception des biais à leur égard. Par exemple, la corrélation pour Vincent Marissal témoigne de la force de la relation entre l’accord avec ses analyses chez les répondants et leur perception de sa neutralité. Il s’agit donc des corrélations entre la variable du dernier billet et celle de celui-ci. Évidemment, des choses bien plus élaborées seront menées avec les données, mais cela donne au moins un premier aperçu.

La corrélation moyenne est de 0,73 et donc les répondants qui expriment un désaccord avec les journalistes ou chroniqueurs ont également fortement tendance à considérer qu’ils ou elles sont biaisés. L’une des raisons pour laquelle  j’ai posé les deux questions visait justement à voir s’il y aurait des différences, autrement dit si les répondants allaient faire la distinction entre leurs propres opinions à l’égard des analyses des journalistes et chroniqueurs et leur perception de leur neutralité. Clairement, il semble que les répondants font peu de différences entre leur accord avec un journaliste ou chroniqueur et leur perception de neutralité : plus ils sont en accord avec un journaliste ou chroniqueur, plus ils ont tendance à le considérer neutre et inversement moins ils sont en accord plus ils considèrent que la personne est biaisée. Cela semble donc suggérer que les répondants ne font pas abstraction de leurs propres opinions lorsqu’ils évaluent la neutralité d’un journaliste ou chroniqueur.

Corrélations bivariées entre l’accord avec les journalistes et chroniqueurs et la perception de biais

Journaliste ou chroniqueurCorrélation
Moyenne0,73
Vincent Marissal0,75
Yves Boisvert0,69
Patrick Lagacé0,69
Chantal Hébert0,72
Jean Lapierre0,73
Richard Martineau0,67
Sébastien Bovet0,76
Anne-Marie Dussault0,83
Michel David0,72
Antoine Robitaille0,69
Josée Legault0,75
Alec Castonguay0,66
Gilbert Lavoie0,78

L’accord avec les journalistes et chroniqueurs politiques québécois

Du 9 au 18 octobre dernier a eu lieu la collecte de données pour l’étude sur les perceptions à l’égard des journalistes et chroniqueurs politiques québécois (ÉPJCPQ) que j’ai menée durant la campagne électorale. Plus de 1550 personnes ont complété le sondage et je tiens à les remercier. 85% des répondants ont exprimé vouloir être tenus au courant des résultats de l’étude, je crois donc que le sujet suscite la curiosité. Je proposerai ici un petit résumé des résultats actuels qui sont susceptibles d’intéresser un public général. Puisqu’il y a beaucoup de choses à explorer, je ferai le tout en plusieurs billets. Celui d’aujourd’hui portera sur le niveau d’accord ou de désaccord avec les analyses de chaque journaliste ou chroniqueur inclus dans l’étude.

D’abord, un petit mot sur l’échantillon lui-même. Un échantillon représentatif de l’ensemble de la population n’était pas l’objectif. Cette étude visait les «mordus de politique». Ceci étant, l’échantillon a tout de même quelques défauts. Notamment, il n’y a que 32% de femmes, ce qui est un peu insuffisant, même si les hommes ont plus souvent tendance à être «mordus» de politique. Pour ce qui est des intentions de vote fédérales des répondants, elles sont à 29,6% pour le parti conservateur, 21,8% pour le Bloc québécois, 18,8% pour le NPD et 15,5% pour le PLC. Il y a donc une surreprésentation de l’électorat conservateur dans l’échantillon. Au provincial, les intentions de vote se rapprochent un peu plus de celles observées dans la population avec 28,3% pour le PQ, 27% pour le PLQ, 11,9% pour QS et 11,7% pour la CAQ. Quant aux intentions de vote référendaires, elles sont de 53,4% pour le NON et 39% pour le OUI. L’échantillon est également beaucoup plus éduqué que la population en général, mais cela est normal si l’on considère que nous nous intéressons ici aux mordus de politique. Dans ce qui suit, je ne corrigerai pas pour ces défauts de l’échantillon alors les résultats doivent être analysés en conséquence.

L’accord avec les journalistes et chroniqueurs

Une première chose importante à comprendre est que certaines personnes incluses dans l’étude sont journalistes, d’autres chroniqueurs et finalement d’autres sont analystes. Ces personnes ont des rôles très différents et les attentes à leur égard le sont tout autant. L’idée est ici d’étudier les perceptions, que celles-ci soient fondées ou non. Nous regarderons d’abord les perceptions générales, puis les perceptions en fonction des intentions de vote provinciales des répondants; nous ferons ensuite de même pour les intentions de vote fédérales et nous terminerons avec les intentions de vote référendaires. Puisqu’il paraît qu’une image vaut mille mots, il y aura beaucoup de figures!

La figure suivante décrit le niveau d’accord avec les analyses de chacun des individus inclus dans l’étude. De haut en bas, ceux-ci sont ordonnancés en ordre de ceux avec qui les répondants ont le plus tendance à se dire en accord vers ceux avec qui ils le sont le moins. Le pourcentage de gens se disant en accord avec les analyses est en bleu et se lit de gauche à droite, alors que le pourcentage de gens se disant en désaccord avec les analyses est en rouge et se lit de droite à gauche.

accord_all

On voit donc que Chantal Hébert est celle avec qui les répondants ont le plus tendance à se dire en accord, suivie d’Alec Castonguay et de Sébastien Bovet; alors que Richard Martineau et Anne-Marie Dussault sont ceux avec qui les gens se disent le plus en désaccord. Si Richard Martineau joue souvent un rôle polémique, le résultat à l’égard d’Anne-Marie Dussault est plus étonnant parce qu’elle ne donne jamais réellement ses opinions personnelles dans son travail. Le fait qu’elle ait souvent à poser des questions difficiles à des politiciens de tous les partis a peut-être pour effet de lui faire jouer «le mauvais rôle» auprès de beaucoup de répondants qui appuient l’un ou l’autre des partis.

L’accord en fonction de l’intention de vote provinciale des répondants

Les prochaines figures montrent les résultats si nous séparons les répondants en fonction du parti politique provincial pour lequel ils voteraient.

accord_caq

Pour les répondants caquistes, nous voyons qu’ils se disent largement en accord avec les analyses de Chantal Hébert, Alec Castonguay et Sébastien Bovet. Par rapport à l’ensemble de l’échantillon, on remarque aussi qu’ils ont plus tendance à se dire en accord avec Jean Lapierre et Richard Martineau. À l’inverse, les répondants caquistes sont encore moins en accord avec les analyses d’Anne-Marie Dussault et de Josée Legault.  Cette dernière est une analyste ouvertement de gauche et souverainiste, ce résultat apparaît donc compréhensible. Quant à Anne-Marie Dussault, nous voyons déjà que l’affiliation partisane des répondants semble avoir un impact sur la perception à son égard.

accord_plq

Pour les répondants ayant l’intention de voter libéral, on remarque qu’ils ont également nettement plus tendance à se dire en accord avec les analyses de Jean Lapierre et de Richard Martineau que l’ensemble de la population et qu’encore une fois ils se disent plus en désaccord avec Josée Legault et Anne-Marie Dussault.

accord_pq

Les résultats sont très différents pour les répondants péquistes. Ils ont tendance à se dire plus en accord avec Antoine Robitaille et Josée Legault alors qu’ils se disent clairement plus en désaccord avec Jean Lapierre, Gilbert Lavoie et Richard Martineau.

accord_qs

Finalement, les répondants solidaires sont très intéressants. Ils ont tendance à se dire en accord avec à peu près tous les analystes et chroniqueurs à l’exception de Gilbert Lavoie (pour lequel ils sont plus partagés), de Jean Lapierre et de Richard Martineau. Presque la totalité des répondants solidaires se dit en désaccord avec ce dernier alors qu’une très nette majorité est en désaccord avec Jean Lapierre.

L’accord en fonction de l’intention de vote fédérale

Qu’en est-il de la ventilation des résultats en fonction des intentions de vote fédérales? En les comparant aux répondants péquistes, les résultats sont pratiquement identiques pour les répondants bloquistes. La même chose s’applique pour la comparaison des résultats entre les répondants solidaires et néo-démocrates. Je ne les montrerai donc pas pour alléger le texte. Voyons donc les électeurs du PLC et du Parti conservateur.

accord_plc

Les électeurs du PLC ont clairement moins tendance que les électeurs du PLQ à se dire en accord avec les analyses de Richard Martineau, avec qui ils sont le moins en accord. Comparativement aux électeurs du PLQ, ils sont également plus divisés à l’égard d’Anne-Marie Dussault (près de 50% des répondants sont en désaccord alors que près de 50% sont en accord). Par ailleurs, toujours en les comparant aux électeurs du PLQ, ils semblent aussi avoir moins tendance à se dire en désaccord avec l’ensemble des autres journalistes ou chroniqueurs. Même si leur ordonnancement général demeure similaire, cette tendance à exprimer moins de désaccord semble notamment le cas pour Patrick Lagacé, Jean Lapierre, Michel David,  Sébastien Bovet, Alec Castonguay et Chantal Hébert.

accord_pcc

Finalement, le cas des électeurs conservateurs est très intéressant. Au premier coup d’oeil, trois groupes de journalistes ou chroniqueurs apparaissent très clairement. D’abord, les répondants conservateurs ont nettement plus tendance à se dire en accord avec Chantal Hébert, Jean Lapierre et Richard Martineau. Ils sont un peu plus divisés à l’égard d’Alec Castonguay, d’Yves Boisvert, de Gilbert Lavoie et de Sébastien Bovet. Finalement, ils ont très clairement plus tendance à se dire en désaccord avec Vincent Marissal, Michel David, Antoine Robitaille, Patrick Lagacé, Josée Legault et Anne-Marie Dussault.

L’accord en fonction de l’intention de vote référendaire

Finalement, qu’en est-il en observant les résultats en fonction des intentions de vote lors d’un éventuel référendum sur la souveraineté? Nous remarquons d’abord que les répondants souverainistes se disent en accord avec la plupart des journalistes et chroniqueurs, ce bien que leur niveau d’accord avec Antoine Robitaille et Josée Legault soit plus élevé qu’envers, par exemple, Yves Boisvert ou Vincent Marissal. Cependant, Jean Lapierre, Gilbert Lavoie et Richard Martineau se démarquent nettement. Dans les trois cas, une vaste majorité de souverainistes se disent en désaccord avec eux.

accord_oui

En ce qui a trait à ceux qui voteraient NON, on remarque que les réponses sont similaires à celles des électeurs caquistes, et presque identiques à celles des électeurs du PLQ.  Ces répondants se disent largement en accord avec Chantal Hébert et ont nettement moins tendance à se dire en accord avec Josée Legault et Anne-Marie Dussault.

accord_non

Conclusion préliminaire

Ce billet est déjà suffisamment long alors je me garderai pour l’instant d’en venir à des conclusions trop spécifiques sur les journalistes ou chroniqueurs pris isolément. Ceci étant, il apparaît déjà très clairement que les répondants ayant des préférences politiques différentes ont aussi des niveaux d’accord différents avec les analyses des journalistes et chroniqueurs.

Deux cas attirent l’attention. D’une part, les électeurs de gauche (QS et NPD) ont nettement moins tendance à se dire en désaccord avec les journalistes ou chroniqueurs de l’étude, à l’exception de Richard Martineau. D’autre part, les électeurs plus à droite, et très nettement les conservateurs, expriment beaucoup plus de désaccord avec une variété de journalistes et chroniqueurs. Ces différences sont très intéressantes et devront être approfondies.

À suivre…

Les prochains billets porteront sur la perception de biais chez les journalistes et chroniqueurs, de même que sur la perception de leur intention de vote fédérale, provinciale et référendaire. Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous invite à vous abonner au blogue afin de recevoir une notification par courriel lors de la publication des billets à venir.